Morceaux de temps dans l'atelier
Éclipses de soleil entre 1999 et 2193, précession des équinoxes entre -12000 av JC. et 14500 ap JC., pleines lunes et les nouvelles lunes entre 2023 et 2045, pleines lune entre 2014 et 2026, éclipses de lune et de soleil entre 1981 et 1999, hauteurs de marées entre 2023 et 2061
Calendrier miniature des éclipses de soleil de 1999 à 2193, 2022
bâton d'estran, sable rouge du Trieux ( quarts, feldspaths, et indéterminés), 30 x 3 x 3 cm
La migration du pôle nord céleste, 2022
Bois, étain, 210x60x40 cm.
Saros, éclipses de lune et de soleil entre 1981 et 1999, 2022
Bois, sables du Trieux, graphite, 5 x 5 x 20 cm
Calendrier cylindrique et spiralaire des nuits de pleine lune de 2014 à 2026, 2022
pin, étain, lumière, 290 x 15 x 15 cm
Vues de l'exposition collective géopoétique, ploumexpo
Chaque ligne est un mois, chaque demi-sphère est une nuit. Les nuits de pleine lune, se décalant chaque mois dessinent une spirale rétrograde autour du cylindre.
La lune est un miroir, elle reflète la lumière du soleil mais n’est pas un astre émetteur en lui-même. Ici l’étain s’anime lors du passage de la lumière, produit une réflexion, alors que les demi-sphères, formes négatives de sphères en trois dimensions, sont réceptacles des rayons lumineux.
Le passage du soleil produit de petites phases d’ombres et de lumières qui se modifient de seconde en seconde. Le soleil, cette immense entité éloignée de millions de kilomètres, agit sur le rondin comme il agit sur les océans. Pourtant, la vitesse de déplacement du soleil dans le ciel semble ici accélérée. Le repère étant petit, il permet d’approcher la vitesse réelle du déplacement cosmique.
Cette pièce est un système perceptif, par réduction et transposition. Elle permet d’appréhender et de percevoir une étendue de temps et des déplacements d’astres, dans l’instant présent du spectateur par le soleil qui passe sur le cylindre, mais aussi dans une durée de plusieurs années, en faisant appel à l’espace mental et projectif du spectateur. Le passé, l’instant présent et le futur sont matérialisés et permettent de s’interroger sur notre propre position dans cette flèche du temps.
C’est une pièce mécanique dont les rouages ne sont pas dentelés mais éphémères, formés par la lumière qui glisse sur des corps ronds, des demi-sphères incluses à la surface d’un cylindre. D’autres corps ronds semblent invisibles, mais sont pourtant constitutifs de l’entité de l’œuvre : Terre et soleil, par leur position relative.
Le tronc d’arbre pousse de manière linéaire, comme le temps qui se dépose derrière nous. Peut-être la lumière de certaines de ces pleines lunes s’est déposée sur son écorce.