Tristan
Deplus

UP . 10.06.2026

Courrouze 3ème tentative

2016
Intervention urbaine collective, photographie et auto-édition

De l’utopie fonctionnaliste des villes-nouvelles aux «écoquartiers» des métropoles en devenir, on peut percevoir une multitude de collusion de faits : paysages en chantier permanant, territoires «ZACisés», financiarisation de l’immobilier, crise du logement, «vidéoprotection» généralisée, instrumentalisation des cultures dites «off» dans l’espace public, dimension fictionnelle de la participation à la fabrique de la ville…

Si l’on s’éloigne des circuits touristiques officiels de la ville de Rennes, on y observe des phénomènes urbains qui traduisent les tensions persistantes de notre époque contemporaine et dont la lecture offre la potentielle image d’une époque et de ses tensions persistantes.

Dans l’essai Vivre à l’oblique, Claude Parent introduit l’oblique comme solution, promouvant le mouvement et l’instabilité dans le langage architectural. Il devient alors l’architecte de la « fonction oblique », une théorie préconisant la fixation de la vie des hommes sur les plans inclinés. Son concept élaboré en collaboration avec Paul Virilio en 1964, remet en question les principes fondamentaux de l’architecture traditionnelle et propose une nouvelle vision de l’espace habitable qui vise à déstabiliser les perceptions et à créer une expérience spatiale inédite. L’architecture oblique ne se contente pas de modifier la forme des espaces, elle cherche également à insuffler une dynamique nouvelle à l’habitat. Les plans inclinés et les surfaces obliques encouragent le mouvement, le déséquilibre et l’instabilité. L’habitant n’est plus cantonné dans un espace statique, mais invité à se déplacer, à explorer et à interagir avec son environnement de manière plus fluide et active. L’architecture oblique vise ainsi à créer des espaces qui favorisent le bien-être, la créativité et l’épanouissement des individus. 

Comment se matérialise la fonction oblique aujourd’hui ?

À travers le prisme du skateboard et de ses affinités pour la culture du DIY (Do It Yourself), Courrouze 3ème tentative documente l’histoire, en trois actes, d’une tentative de réappropriation d’une dalle de 200m2 au milieu du quartier en reconversion de La Courrouze. 

Cette édition rejoint la collection Black-out, fanzine dédié à la scène skateboard locale, à parution irrégulière depuis 2011. Au fil des numéros, plusieurs articles ont témoigné de l’évolution de ce lieu et des actions réalisées in-situ. Chacune des pages ayant pour sujet cet espace ont été extraites afin de recomposer un récit conjuguant passé, présent et futur.

Courrouze 3ème tentative, édition, 17x24cm, 52p. et affiche 36x52cm (100ex.)

Affiche 36x52cm, 100ex

Photos : Tristan Deplus