Bulles, 2019
30 % du CO2 d’origine anthropique est absorbé par l’océan. L’augmentation de la concentration en dioxyde de carbone dans l’atmosphère à pour conséquence, une saturation plus importante des eaux océaniques qui conduit à la chute de leur pH, c’est-à-dire à leur acidification. Ce phénomène à un impact direct sur la biodiversité dans son ensemble. Des équipes scientifiques étudient les effets de cette acidification sur des sites « laboratoires » permettant d’approcher un possible océan du futur. Ces sites naturels présentent tous des caractéristiques similaires, une activité volcanique libérant des bulles de CO2 pur en profondeur menant à l’acidification d’une zone, souvent à l’échelle d’une baie devenant le site référent. Le projet photographique Bulles, dans le cadre de «Flux, une société en mouvement», vient s’inscrire dans la continuité des travaux réalisés à bord de la Goelette Tara en 2017 et contribuer ainsi, à représenter les paysages sous-marins et leur transformation. Le phénomène global de l’acidification des océans reste pour beaucoup un phénomène abstrait de même que la perte de la biodiversité. Les photographies de paysage sous marins permettent de visualiser certains de ces phénomènes. Avec les équipes scientifiques de l’université de Tsukuba (Japon) et celle de l’université de Palerme (Sicile) nous effectuons une série de plongée sur le site de Vulcano en Sicile. Le même protocole comparatif que sur Tara (Tara pacific, Leg Japon, 2017) est mis en place, c’est à dire la représentation d’un site contrôle (non acide, pH 8.1) à proximité d’un site acide (pH 7.8). Le site d’apparition des bulles (ph 5.5) est également photographié. La série de la commande comprend 8 images, 4 en zone acide et 4 en zone non acide. Ces processus de transformation des milieux et ces phénomènes sont à l’oeuvre à l’échelle globale.