L'édition comme acte performatif
Depuis 2014, le programme pédagogique du master exerce, Danse et performance du Centre chorégraphique national de Montpellier, appréhende le travail de l’écrit et, particulièrement l’objet mémoire, comme un espace d’élaboration et d’apparition du travail chorégraphique.
Dans ce cadre, j’ai conçu depuis 2015 , en tant qu’artiste associé à la formation, un programme de recherche « l’édition comme acte performatif »
Les étudiants.es y sont invité.e.s à engager un travail éditorial à travers un déplacement de l’écriture chorégraphique « de la scène vers la page ».
Penser la circulation d’une forme d’un support à un autre,
passer du chorégraphique à l’espace éditorial.
De quoi s’agit-il?
De faire des parallèles
entre mise en page et mise en espace,
entre la page et le plateau entre composition du texte et composition du mouvement,
entre typographie et système symbolique,
entre forme et contenu.
Dans ce cycle, je propose de partager certains de mes outils et méthodes de travail. En prenant pour base une partie le travail de chaque étudiant.e artiste, nous essayerons de mettre en œuvre une circulation entre les questions liés à l’espace du studio et celles liées à l’espace du livre. Nous aborderons des notions de compositions et de rythmes qui peuvent définir une action performative, chorégraphique et qui peuvent aussi définir une relation à la page, aux rapports texte/image, à la notion de «mouvement éditorial ».
Je désigne par cette formule que la construction, l’organisation, le façonnage de l’édition définissent une manière de circuler dans le «livre» qui correspond à un mouvement, mouvement d’une page à une autre, d’une image à une autre image, d’un texte à une image, d’un texte à un texte, etc. Nous expérimenterons durant ces temps d’atelier les formes possibles de l’écriture et de l’objet éditorial, en n’excluant évidemment pas les extensions performatives.
Comment ces éléments propres à l’édition – séquences, rythmes, composition, intensité, visibilité, rapport à l’espace, matérialité, texture de la page, choix typographiques, façonnage – opèrent un ré-engagement des matériaux chorégraphiques ?
L’édition est alors envisagée comme une possibilité de faire l’expérience d’un travail performatif par l’espace de la page.
Chaque année en mai, simultanément à la présentation des travaux performatifs et chorégraphiques « Publication Plateau », je conçois avec les étudiant.es Chercheur.ses une exposition qui présente les projets éditoriaux sous la forme d’un accrochage « publication écrit ».