Benoît-Marie
Moriceau

04.06.2018

Scaling Housing Unit

Scaling Housing Unit, 2013
Production Tripode et Zoo galerie, avec le soutien de la DRAC Bretagne
Photo : François Marchand © Benoît-Marie Moriceau / Adagp

Scaling Housing Unit, 2013
Production Tripode et Zoo galerie, avec le soutien de la DRAC Bretagne
Photo : André Morin © Benoît-Marie Moriceau / Adagp

Scaling Housing Unit, 2013
Production Tripode et Zoo galerie, avec le soutien de la DRAC Bretagne
Photo : Philippe Piron © Benoît-Marie Moriceau / Adagp

Une structure d’habitation rudimentaire constituée de trois tentes de parois (portaledges) est fixée en haut d’une façade en béton de la Maison Radieuse de Rezé — imposant édifice de part son échelle de construction et à la fois dans ce qu’il incarne de l’histoire moderne de l’architecture. L’intervention consiste à faire temporairement co-exister deux modèles habitables a priori contradictoires : le vaste pignon aveugle en béton désactivé de 52 mètres de hauteur sur 19 mètres de largeur devient le support d’une extension architecturale.

De dimension réduite, l’habitacle correspond à l’occupation d’un ou deux corps allongés, ce qui signifie qu’à l’échelle du bâtiment, le portaledge est presque imperceptible, comme une composition colorée confrontant deux textures opposées, le revêtement minéral du béton et le tissu synthétique des tentes. De structure plus organique, cet ensemble de formes suspendues à des cordages renvoie cependant à la géométrie élémentaire de l’architecture. L’usage de couleurs primaires et visibles à distance dans le cas de l’équipement sportif correspond à la palette chromatique déclinée par Le Corbusier dans le traitement de ses façades.

Greffer ces deux systèmes d’habitation divergents, un abri temporaire adapté aux exigences rudimentaires de survie et l’autre répondant aux nécessités de logements collectifs durables, c’est mettre en dialogue deux formes matérialisant des expériences utopiques. Le rêve de dépassement individuel, « aller toujours plus haut », et le projet social, « vivre ensemble dans le bonheur ». Cette confrontation met en exergue le monument à la fois comme une forme sculpturale et comme un paysage à conquérir. Cette amorce de fiction qui prend des allures de faux geste performatif évoque une ascension absurde, un chantier improbable comme il convoque également l’histoire du traitement pictural des façades des grands ensembles modernistes.

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