Lucie
Malbéqui

UP . 30.09.2026

Habiter la montagne

2026, exposition collective avec Marie l’Hours, Centre d’Art Bastille, Grenoble
Commissaire : Émilie Baldini
Photos : Christophe-Levet
Remerciements : Eirin Stricker, Iuliia Zelinskaia, Salomon Caroly

Avec Marie l’Hours, nous avons habité cette montagne, dans cette montagne. Nous avons fait foyer du coeur de ce minéral. En jouant avec les éléments qui composent l’espace si particulier du centre d’art Bastille nous y avons dispersé à travers un courant d’air des éléments cueillies. Les gouttes de roche canalisées, je les ai faites s’évaporer en gardant comme trace le son et l’odeur du calcaire. Marie a diffusé ses couleurs sur les murs et les toiles, dont les contours se sont fait animaux courant, volant ou observant. J’ai esquissé des présences endormies sur lesquelles elle a aussi fait glisser les mêmes nuances colorées. En déployant mes textiles j’ai modelé les espaces. Une ligne de branches et de céramique se déploie de l’entrée jusqu’en bas comme si cette montagne était un corps dont nous observons les organes. Ce lieu est une espèce de reconstitution d’un espace de vie dont la temporalité d’une nature indéterminée, passée ou future, pourrait être d’une vie animal humaine minérale ou végétale. Les céramiques zoomorphes ont été produites dans le cadre de ma résidence au centre départemental de la céramique de Lezoux. La présence des animaux dans les peintures et les céramiques de Marie, dans les miennes, nous montre plusieurs figures symboliques. Le sanglier, la brebis, l’oiseau, buze ou tourterelle. Chacun parle de la relation que nous entretenons avec lui, de sa domestication, ses croisements, sa liberté, son mépris. La lecture de cette exposition est faite d’enchassements, des pièces de vies qui se succèdent, dont la saturation de couleurs et d’objets va crescendo ; l’entrée, la cuisine et son cagibi, la salle d’eau et la chambre. Puis dans chaque pièce les images bi ou tri-dimentionnelles se racontent, dialogues et questionnent notre rapport à l’autre vivant.

Habiter la montagne c’est habiter ce qu’elle a été, c’est nager dans son eau, respirer comme le font les êtres aquatiques que nous étions, c’est se souvenir de la sensation de nos corps, c’est être un seul corps avec elle.