Jocelyn
Cottencin

UP . 15.09.2022

L'art est un sport de combat

L’art est un sport de combat, 2011
Peintures murales, dimensions variables
Vues de l’exposition L’art est un sport de combat au Musée des beaux-arts de Calais, 2011 - Production : Musée des beaux-arts de Calais - Photos : Jocelyn Cottencin

Jocelyn Cottencin est un artiste dont une part significative du travail se fonde sur le graphisme et la typographie. En créant spécialement pour cette occasion une nouvelle typographie, c’est lui qui, d’une certaine manière, donne forme au slogan “L’art est un sport de combat”. Sport de combat, certes, et donc de compétition, l’art aujourd’hui est le champ clos de multiples stratégies dont le but commun est sans doute d’élargir et la durée et la rentabilité du fameux quart d’heure de célébrité auquel, dixit Andy Warhol, chacun peut prétendre. Devenir riche et célèbre semble être le fantasme caché (ou avoué) de nombre d’artistes et dans ce contexte, que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre ! Toutefois l’art est aussi le lieu d’autres combats, d’autres enjeux, d’autres relations, d’autres regards, d’autres espoirs, d’autres utopies. Cette situation aussi contrastée que stimulante, Cottencin l’évoque à plusieurs niveaux, selon différentes approches. Ce nouvel alphabet a été créé au moyen de fusil de paint-ball, chaque lettre étant obtenue de plusieurs impacts de billes de peinture et de leurs coulures : nouvelle modalité du dripping adaptée au sport/jeu de combat. C’est fermement affirmé et c’est joyeux ! C’est ainsi, à ce double niveau de l’engagement et du plaisir visuel, qu’apparaît le titre de l’exposition sur le grand mur du hall central. Sur les surfaces latérales, et formant triptyque, deux grands dessins : d’un côté les silhouettes des stars de l’art business, ceux-là qui constituent, selon la malicieuse allusion sportive de l’artiste, « l’équipe du Cosmos de New-York » (Damien Hirst, Tadashi Murakami, Maurizio Cattelan, Jeff Koons) ; de l’autre ce qu’on pourrait appeler les portraits de famille, ceux des ancêtres dont à divers titres l’artiste se réclame (Kurt Schwitters, Francis Picabia, Marcel Duchamp, Kasimir Malevitch, Dziga Vertov, Yves Klein, Alexander Calder et Constantin Brancusi)). Enfin, on retrouvera l’énergique vitalité du lettrage sur les affiches et les cartons d’invitation, sur la signalétique interne du musée (cartels) ainsi que sur le catalogue de l’exposition.

- Jean Marc Huitorel -
Critique et commissaire de l’exposition