Eva
Taulois

Bouquet, 2020

Galerie Raymond Hains, Saint Brieuc
avec Julie Budet et Anaïck Moriceau
Les fleurs et la peinture, peinture murale, Eva Taulois 
En dialogue avec les éditions Anaïck Moriceau.

Sérigraphies éditées par Anaïck Moriceau présentées dans l’exposition : Claire Decet, William Luz, Anne Brugni, Mary Manning, Jessica Hans, Quentin Chambry, Andrea Samuelsson, Paul Wackers, Françoise Petrovitch, Tim Lahan, Atelier Bingo, Andy Rementer, Fanny Gentle, Finsta, Brigade Cynophile + Harrison, Raphaël Garnier, Alex Foxton


Depuis l’antiquité et jusqu’à la période la plus contemporaine, des catalogues d’ameublement jusqu’aux révolutions, oeillets, roses, jasmins & consorts ne cessent de fleurir les imaginaires. C’est du côté d’un héritage très graphique et pictural à la croisée de la peinture, du dessin et des arts décoratifs que cette exposition s’aventure.

Amoureuse des formes simples et du travail sur la couleur, Anaïck Moriceau porte depuis plus d’une dizaine d’année un projet indépendant d’édition de multiples d’artistes. Après ses études aux beaux-arts de Rennes puis de Bruxelles, elle installe son atelier de sérigraphie à Saint-Brieuc, sa ville natale, où, elle invite des artistes des quatre coins du monde à venir collaborer dans le cadre de résidence qu’elle auto-produit. Sa collection compte aujourd’hui plus de 150 sérigraphies et parmi elles, plus de 30 estampes figurant des fleurs. La sélection qu’elle présente dans le cadre de cette exposition permet de croiser des figures emblématiques de différents champs des arts visuels : design graphique, illustration, peinture, céramique et dessin.).

Eva Taulois, regarde de près des savoir- faire artisanaux et industriels et se les approprie. Elle dessine, taille, recouvre, modèle, peint, orchestre des scénographies. Ses oeuvres et agencements d’objets sont marqués par le purisme, doctrine moderne définie en 1918 par Amédée Ozenfant et Le Corbusier, préconisant une fusion de l’art et de la vie, autour de formes simples, permutant peinture, sculpture, architecture, design, mobilier, vêtement… Elle crée ici une grande peinture murale et assemble plusieurs volumes, sculptures et peintures en dialogue avec les éditions d’Anaïck Moriceau.

Emboîtant les pas de Robert Filliou qui nous a dit que “l’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art”, Julie Budet choisit d’aller puiser sa matière dans la pratique actuelle de l’art floral en allant à la rencontre d’une amatrice inscrite au club de composition florale de Saint Donan, qu’elle prend pour point de départ d’un projet filmique nourri d’une approche sonore ASMR (“L’ASMR - de l’anglais Autonomous Sensory Meridian Response, que l’on peut traduire par « réponse autonome sensorielle culminante » - est un sigle qui décrit une sensation distincte, agréable et non sexuelle de picotements ou frissons au niveau du crâne, du cuir chevelu ou des zones périphériques du corps, en réponse à un stimulus visuel, auditif, olfactif ou cognitif (…).” source Wikipédia)

Aujourd’hui, le regard porté sur le vivant change et de nouveaux questionnements - souvent inquiets - sur la relation de l’homme à son environnement se posent. Sans y apporter de réponses univoque, cette exposition fait écho à la récente tribune des écoles de design et d’arts décoratifs, revendiquant de ne pas se situer “ dans la perspective comptable et finie d’un monde exploitable et littéralement profitable, mais dans l’horizon incalculable et infini d’un monde habitable et hospitalier”. (Libération, 9 décembre 2019).

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