John
Cornu

MÀJ . 17.01.2024

Sonatine (mélodie mortelle)

2009
Tubes fluorescents usagés et altérés, micros et amplis
Dimensions variables
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
Vue de l’exposition Laisse venir, commissariat : Perrine Lacroix, La BF15, Lyon, 2011
© John Cornu
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)

Vue de l’exposition Tant que les heures passent – Part III, Ricou Gallery, Bruxelles, 2009
© John Cornu
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
Vue de l’exposition Viser la tête, commissariat : Magali Gentet, Le Parvis–centre d’art contemporain, Ibos, 2012
© Alain Alquier
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
Vue de l’exposition Ressources poétiques, Les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie, Toulouse, 2013 
Collection les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie, Toulouse
© Sylvie Léonard
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
Vues de l’exposition Les Âmes grises, commissariat : Christian Alandete, Mains d’œuvres, Saint-Ouen, 2019
© John Cornu & Origins Studio
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
Vue de l’exposition À contresens de l’oubli, commissariat : Karine Mathieu, Château de Taurines, Centrès, 2015 
Collection les Abattoirs, Musée-Frac Occitanie, Toulouse
© John Cornu
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
John Cornu - Sonatine (mélodie mortelle)
SONATINE (Mélodie mortelle), 2009-
Tubes fluorescents usagés et altérés, micros et amplis

Dimensions variables
© John Cornu

« Sonatine (Mélodie mortelle) », qui reprend le titre de Kitano, se construit selon un temps circulaire, que l’on pourrait rapprocher du concept religieux de résurrection ou au contraire rattacher au concept énoncé par Nietzsche de l’éternel retour. Dans cette pièce radicale, l’artiste remplace la totalité des néons de l’espace d’exposition par des tubes fluorescents usagés, mis au rebut mais éclairant encore, qui composent une véritable partition visuelle et sonore. Selon le protocole défini par l’artiste, les néons doivent fonctionner jusqu’à leur extinction, s’épuiser, avant d’être remplacés par d’autres analogues, dans un cycle sans autre fin que celle de l’exposition. Le matériau de prédilection des minimalistes joue ici ses qualités performatives dans une orchestration aléatoire et évolutive de flashs luminescents combinés aux cliquetis des décharges électriques. Par un principe d’économie voire d’écologie, l’artiste révèle le potentiel artistique de ces lampes considérées comme dysfonctionnelles par une société de consommation habituée à renouveler sans fin ses produits bien avant leur épuisement total. À l’origine l’invention de ces lampes « économiques », concomitante de la révolution industrielle, a favorisé une activité « en continu », par la possibilité d’une lumière « intemporelle » où la nuit se confond avec le jour, suivant l’idée d’un « progrès » qui s’achève paradoxalement dans une double forme d’aliénation*. Au sens littéral, on peut voir dans cette pièce l’héritage déclinant d’un siècle des Lumières sur lequel repose encore les bases de la société démocratique. Dans une autre version de la pièce, l’oeuvre se trouve résumée à une seule occurrence mais amplifiée, clignotant comme un signal morse d’alerte.

Christian Alandete, Extrait du texte « Toute ressemblance avec des faits réels n’est que pure coïncidence », in « John Cornu », Catalogue monographique, Editions Analogues, 2011

Aliénation du travail dans la sphère de production chez Marx (Le capital, critique de l’économie politique, 1867), dans celle de la consommation chez Baudrillard (Pour une critique de l’économie politique du signe, 1972). D’où un retour dans le mode de production de John Cornu à une forme « artisanale ».