John
Cornu

MÀJ . 28.01.2026

Phénix

2011
Néon blanc (ancienne réalisation ACDC de 2007-2008 remise à plat) 150 cm de long environ

PHÉNIX, 2011
Néon blanc (ancienne réalisation ACDC de 2007-2008 remise à plat)
150 cm de long environ
Vues de l’exposition « L’étale », Quinconce, Montfort-sur-Meu, 2024
© John Cornu - Courtesy the artist and Galerie Gilla Lörcher, Berlin

PHÉNIX, 2011
Néon blanc (ancienne réalisation ACDC de 2007-2008 remise à plat)
150 cm de long environ
Photos : Aurélien Mole
John Cornu - Phénix
PHÉNIX, 2011
Néon blanc (ancienne réalisation ACDC de 2007-2008 remise à plat)

150 cm de long environ

Vues de l’exposition Viser la tête, commissariat : Magali Gentet, Le Parvis–centre d’art contemporain, Ibos, 2012
Photos : Alain Alquier

La série Phénix est un ensemble de néons à l’allure bagarrée. À l’origine, ces néons formaient d’autres pièces de l’artiste datées de 2007-20081 . Des pièces aujourd’hui dépassées suite au recyclage de leur substrat. Des néons, auparavant aux formes incurvées, remodelés dans un semblant de ligne droite. Malgré les multiples torsions, les néons fonctionnent et dégagent une lumière froide qui éclaire leur mur d’accroche d’une manière disparate tout en révélant les courbures de leur propre corps. Face à cette série de retouches, John Cornu nous invite à deviner un état passé.

Ce travail semble faire écho à la conception de l’art défendue par l’historien George Kubler,
à base d’objets premiers et de répliques. Les œuvres apparaissent comme des signaux
qui s’éteignent et brillent, qui communiquent promptement avec des œuvres passées et nouvelles. La renaissance des Phénix nous mène fatalement à penser la mort d’une composition originelle, soit à imaginer une forme, une construction. En somme, ils nous mènent à prospecter sur de possibles présentations de l’objet néon. Nous imaginons une ancienne forme que nous associons mentalement à une constellation d’œuvres, aux néons maintenant vieillissants de l’art minimal ou plus encore aux mots lumineux de Tracey Emin.

Au thème grandiloquent du phénix s’adjoint une vision d’un mort-né. L’objet revit en un autre mais sa présence — entre larve et ruine — intrigue. Celui-ci tend vers l’idéal d’une ligne horizontale, en vain. Une métempsychose, un corps bloqué dans un autre. L’objet est schizophrène. Comme Crosseyed and Painless (1980) de Talking Heads, il oscille entre deux corps. Il n’est ni un, ni deux.

Lost My Shape Tryin’ To Act Casual!
Can’t Stop I Might End Up
In The Hospital
Changin’ My Shape I Feel Like An Accident
They’re Back! To Explain Their Experience

Adrien Abline
in John Cornu, catalogue monographique, Edition cultureclub-studio – La Criée centre d’art contemporain – Les presses du réel, 2025.

  1. Pièces intulées ACDC.