Monumental - Le film
Monumental ambitionne d’activer une mémoire visuelle et collective issue des représentations de notre histoire, particulièrement celles de l’histoire de l’art mais aussi d’événements médiatiques et contemporains.
Monuments, architectures, statues, œuvres d’art sont la base d’une partition visuelle interprétée initialement par un groupe de 12 performers et chorégraphes suivant un espace et des contraintes temporels définis.
Au travers de la statuaire, du patrimoine architectural et des œuvres dans l’espace public, le projet par le biais de ce groupe déplace les notions de figure, récit et forme.
Monumental a été créé initialement au centre Pompidou Jocelyn Cottencin dialogue depuis longtemps (Katerina Andreou, Bryan Campbell, Ondine Cloez, Volmir Cordeiro, Matthieu Doze, Rémy Héritier, Yves-Noël Genod, Calixto Neto, Elise Olhandeguy, Carole Perdereau, Ana Pi, Agnieszka Ryszkiewicz, Yaïr Barelli, Nuno Bizarro, Madeleine Fournier, Yves-Noël Genod, Mickael Phelippeau, Agnieszka Ryszkiewicz).
Cette pièce a reçu le soutien du programme Newsettings de la fondation Hermès.
Il y existe des versions « plateaux » de ce projet performées sur les scènes de théâtre et des versions « centre d’art » comme au Macval où Jocelyn Cottencin s’est installé dans la grande salle d’exposition temporaire, généralement liée aux expositions monographiques.
Certains temps de pratique et de travail de Jocelyn Cottencin et son équipe étaient ouverts au public. Ce dispositif a été repris à Kanal Centre Pompidou Bruxelles au Mac VAL
Depuis 2017, Jocelyn Cottencin transmet cette performance à des amateurs, des étudiantes/étudiants en art, des jeunes danseu.r.se.s. La première reprise a eu lieu aux Beaux arts de Paris avec les étudiant.e.s de l’atelier Emmanuelle Huynh. La pièce a alors était montrée au CND pour le festival Camping et aux Beaux Arts de Paris.
Chaque reprise est l’occasion de s’interroger sur la fabrique des formes et des images au travers de contexte à chaque fois spécifique. Le projet pourrait se résumer à la question de comment les images nous font et de comment nous les traversons?
Pour Kanal Centre Pompidou Bruxelles, Jocelyn Cottencin s’est installé durant 15 jours dans le lieu avec des étudiantes de l’ULB et de la Cambre.
La pièce a été montrée dans le cadre du Festival PERFORMATIK en coproduction avec le KAAITHEATE. Les différentes étapes de travail et de fabrication ont été rendues visibles pour le public comme autant de possibilités d’aborder le projet autour des notions de groupe, de communauté, de coalition et des figures qu’elles produisent.
À l’UARTS (University of arts and dance) de Philadephie, Jocelyn Cottencin a été invité à transmettre la performance à 10 jeunes chorégraphes, performers américain.e.s. La pièce a été montrée à Phildalphie et au CND à Pantin dans le cadre de Camping Festival. La transmission de Monumental a aussi ouvert durant l’année 2019 à l’université un cycle autour d’une réflexion sur la notion de « Monument » à la fois dans la formation Bachelor et Master.
DES FILMS
UNE COLLECTION
La première forme de Monumental est un film. Jocelyn Cottencin a démarré le projet en pensant une performance qui deviendrait un film. Ce projet a été co-produit dans le cadre d’une série d’expositions qui ont eu lieu au Frac Basse Normandie, au Musée des Beaux arts de Calais et au Sainsbury center for visual Arts à Norwich.
Le film a été montré régulièrement dans des centres d’art et des musées, comme au Centre Pompidou, Palais de Tokyo, et dernièrement au centre d’art contemporain de Chicago MANA, Centre Pompidou Malaga, MANA Jersey City, Frac Bretagne, Musée des arts décoratifs de Paris, etc.
Avec le soutien de la Fondation Hermès, du centre Pompidou et du Musée de la Danse, Jocelyn Cottencin a pu travailler et présenter une version publique de Monumental
Depuis, chaque transmission donne lieu à la réalisation d’un film, constituant petit à petit une sorte de collection de groupes et de contextes qui rejouent, ré-engagent cette partition.
Jocelyn Cottencin développe aussi un travail de notations et de transmission de Monumental sous la forme d’une production éditoriale qui met en lien des ressources, des archives iconographiques. Cette documentation peut prendre une forme d’exposition selon les contextes.
MONUMENTAL
- Le film
Conçu par Jocelyn Cottencin
Performé par Yaïr Barelli, Nuno Bizarro, Bryan Campbell,
Ondine Cloez, Volmir Cordeiro, Madeleine Fournier,
Matthieu Doze, Yves-Noël Genod, élise Olhandeguy,
Carole Perdereau, Agnieszka Ryszkiewicz, Loïc Touzé
Film Montage
: David Beautru, Dorothée Lorang, Jocelyn Cottencin
Produit par
: Frac Basse-Normandie (Caen), Musée des Beaux Arts (Calais)
Sainsbury Centre for Visual Arts (Norwich)
Œuvre vidéo, créée dans le cadre d’une invitation du Frac Basse Normandie, du Sainsbury Center for visual art / Norwich et du Musée des beaux art de Calais. Monumental est une pièce hybride entre performance et sculpture, entre chorégraphie et arts visuels. Monumental prend la forme d’une partition visuelle et performative où une douzaine d’interprètes revisitent des monuments, statues et œuvres d’art, bousculant ainsi les notions de récits et de forme.
Le film a été montré pour la première fois dans le cadre des 3 expositions conçues par les commissaires du Frac Basse Normandie, du Musée des Beaux arts de Calais et du Sainsbury center for visual art.
Cette pièce est régulièrement montrée, elle a notamment été présentée au Palais de Tokyo (Do Disturb), Mana Chicago, Frac Bretagne, Musée des arts décoratifs de Paris, Centre Pompidou Paris (Nouveau Festival), Centre Pompidou Malaga (Corps Simples), Centre chorégraphique national de La Rochelle, etc.
Photos : Jocelyn Cottencin
” Contexte. Ce qui m’intéresse c’est probablement la question de l’émission et de la réception des images, des codes et des langages, et plus encore la capacité d’un projet et d’un travail à ne pas circonscrire un territoire mais à circuler entre différents points. Cette notion de circulation est centrale. Je pourrais la nommer de différentes façons : transformation, mutation, mouvement organique. L’idée est celle d’un système vivant, qui ne se fixe pas. Une mobilité nécessaire. Vitale.
Monumental répond intuitivement à la proposition faite par les trois commissaires (Barbara, Forest, Sylvie Froux et Veronica Sekules) de l’exposition Monument (Musée des beaux arts de Calais, Frac Basse Normandie et Sainsbury center of visual arts) et à un désir né de ma proximité avec le champ chorégraphique depuis 15 ans. Un mélange de vitesse et de décantation. D’immédiateté et de lenteur.
Si l’on définit souvent mon travail comme brouillant les frontières entre les disciplines, du graphisme aux arts visuels, de la performance à la scénographie, du livre au film, ma relation au chorégraphique s’est naturellement faite au début. Monumental apparaît comme une évolution logique de mes projets visuels par l’intégration du langage chorégraphique.
Monumental prend sa source dans les collaborations que j’ai engagées avec différents chorégraphes (Daniel Larrieu, Nathalie Collantes, Alain Michard, Loïc Touzé et Emmanuelle Huynh). Pour eux j’ai conçu différentes propositions plastiques mais surtout des espaces scéniques, des dispositifs qui activent les mêmes enjeux que je soulève dans d’autres disciplines - notamment la relation aux images produites – comment un dispositif scénique peut-il provoquer de l’image sans la figer, comment l’imaginaire peut-il rester actif, comment ne pas résoudre ou ne pas commenter ? Peut-être que les dispositifs que je mets en œuvre dans LOVE , Ô MONTAGNE ou prochainement TOZAÏ… ! sont symptomatiques de ces questionnements.
Monumental ambitionne d’activer une mémoire visuelle et collective issue des représentations de notre histoire, particulièrement de l’histoire de l’art, ou des événements médiatiques et contemporains ou bien arriver à évoquer simultanément Géricault et Kiev, Ucello et Occupy Wallstreet… Monumental est fondé sur une recherche iconographique de ce qui fait monument dans chacune des villes impliquées dans cette manifestation (Caen, Calais, Norwich). J’ai travaillé et conçu des partitions visuelles à partir d’un ensemble allant de la statuaire à l’architecture, du mémorial à l’installation contemporaine. J’ai délibérément choisi cette iconographie pour sa capacité à produire du récit, des formes. Chaque monument sélectionné est décodé et restitué par des actions suivant ce scénario. La performance développe une succession de figures tour à tour abstraites ou narratives, symboliques ou formelles, grotesques ou inquiétantes, amusantes ou graves. C’est un espace de poésie, d’invention, une manière de retraverser ces scènes allégoriques ou historiques.
[…]
Mouvement. Ce qui est à l’œuvre dans chaque monument est très défini, mais n’est pas figé dans le geste. Je recherche une précision des éléments du récit dans sa forme performative.
Le geste est réengagé à chaque fois, réinventé. Les actions peuvent être différentes d’une performance à l’autre mais elles sont sous-tendues par les mêmes problématiques. Les partitions suivent aussi certaines règles et des protocoles comme « être à l’extérieur de ce qui se joue, devient un contre-point ou un environnement pour la séquence ». L’objectif n’est pas de mimer et de figer le bâtiment, la sculpture, mais d’investir une interprétation suivant différents axes : le récit, la figure, la forme, l’architecture.
Le travail avec les performers n’est ni une succession de postures statiques ni une façon de nommer une image, mais bien un mouvement perpétuel avec ses suspensions. Cette dimension est primordiale, il s’agit précisément de convoquer, d’évoquer, de solliciter un imaginaire collectif lié à la représentation du corps et à l’histoire, les images apparaissant et se recouvrant les unes les autres.
En excluant la question du sens, de la narration et de la lisibilité, j’ai joué avec les signes. Evoquer sans nommer permet d’ouvrir un espace qui esquisse plus qu’il ne figure et qui laisse libre-cours à différents imaginaires.
Extrait du catalogue d’exposition (Musée des beaux arts de Calais, Sainsbury center for visual art, Frac Basse Normandie)