Eva
Taulois

MÀJ . 01.07.2022

Erreur Maximale Tolérée

Une proposition, Bruxelles
Erreur Maximale Tolérée, 2011
Acier, peinture carroserie mat, 5 pièces de 15 x 13,5 x 5 cm
Coproduction Le Creux de l’enfer / Lycée Jean Zay, Thiers

Erreur Maximale Tolérée est une série de cinq Vés produite au lycée technique Jean Zay de Thiers. Le Vé est un instrument de métrologie, soit une cale en acier composée de quatre entailles en forme de V, où l’angle entre les surfaces planes est de 90°. Il sert à poser des pièces cylindriques pour effectuer des mesures dimensionnelles ou pour positionner des pièces avant usinage. Ces intruments extrêmement précis apportent la preuve de la conformité de la pièce à usiner. Ils doivent être régulièrement ajustés afin de garantir un système de mesure conforme aux règles. Les cinq pièces ont été produites au moyen d’une machine à fil à électro-érosion. C’est un procédé d’usinage qui consiste à enlever de la matière dans la pièce en utilisant des décharges électriques. Le résultat est extrêmement précis. Cependant, il est très compliqué d’industrialiser un objet non normé et cela va à l’encontre de la productivité industrielle. Le titre de la pièce est issu du terme utilisé en métrologie: “l’erreur maximale tolérée” qui est la marge d’erreur admise par les exigences spécifiées pour déterminer la conformité d’un instrument de mesure. Cette série joue sur des variations quasiment imperceptibles à l’oeil nu, de 84° à 96°, il y a cinq variations de trois degrés. J’aime me demander quelle répercussion l’utilisation de ces outils faussés aurait sur l’ensemble de la chaîne de production ?

RAPPORT D'USURE, 2012
D'une maison l'autre, Bruxelles

Rapport d’usure, 2012
Plans techniques encadrés, impression traceur, jet d’encre, 50 cm x 70 cm
Coproduction Le Creux de l’enfer / Lycée Jean Zay, Thiers

Cliquez sur l’image pour agrandir

Lors de ma résidence au lycée Jean Zay de Thiers j’ai voulu questionner le dessin technique comme mode de représentation. J’ai établi une liste d’outils qui m’intéressaient soit pour leurs formes, leurs noms (escaliers, bride, lardon, contre-pointe, pinule) où bien leurs fonctions. Je les ai re-côtés puis j’ai réalisé des plans qui permettraient à un technicien de les concevoir. En somme, j’ai imaginé le processus inverse que serait celui des étudiants du BTS Etude et Réalisation d’Outillage avec lesquels j’ai travaillé. Ces outils étant constamment utilisés, leurs dimensions ne sont plus les mêmes qu’à l’origine, c’est ce que nomme le rapport d’usure.

© Adagp, Paris