Delphine
Lecamp
Baskettes
08.11.2023
Parcours proposé par Philippe Dorval, enseignant d’arts plastiques et développement culturel au Département Carrières sociales de l’Iut de Rennes. Ses publications portent sur l’art contemporain et sa réception.
L’art dans les espaces publics facilite l’accès aux œuvres par suppression de l’effet de seuil de tout lieu d’exposition. Faire cette expérience effective et sensible nécessite alors disponibilité des sens et de l’esprit, hors des espaces de monstration qui, justement, préparent la perception. En diversifiant et en augmentant les surfaces de contacts avec les pratiques artistiques, cela constitue une forme d’idéal démocratique. Changer d’échelle et de contexte ou déplacer les références sont autant de de voies largement explorées par des artistes. Dans des parcs urbains, des sculptures surdimensionnées décalent le quotidien et y amènent une critique grinçante et ambigüe de l’économie capitaliste érigée en […]
L’art dans les espaces publics facilite l’accès aux œuvres par suppression de l’effet de seuil de tout lieu d’exposition. Faire cette expérience effective et sensible nécessite alors disponibilité des sens et de l’esprit, hors des espaces de monstration qui, justement, préparent la perception. En diversifiant et en augmentant les surfaces de contacts avec les pratiques artistiques, cela constitue une forme d’idéal démocratique.
Changer d’échelle et de contexte ou déplacer les références sont autant de de voies largement explorées par des artistes. Dans des parcs urbains, des sculptures surdimensionnées décalent le quotidien et y amènent une critique grinçante et ambigüe de l’économie capitaliste érigée en totem (Delphine Lecamp ou Jacques Villeglé). Des tags urbains transposés en mosaïque Odorico deviennent motifs décoratifs pour les baigneurs d’une piscine (Nikolas Fouré). Get Up, idéal des graffeurs autant qu’invitation politique, est peint en lettres géantes sur le sol de places urbaines plutôt délaissées mais visible… surtout depuis les étages élevés et vient inverser les points de vue (David Renault & Mathieu Tremblin). A rebours de l’uniformité des halls d’immeubles, Jean-Francois Karst a accompagné des habitants pour concevoir collectivement et réaliser trois peintures géométriques singulières, redonnant caractère et intérêt à des espaces devenus depuis lieux habités et vivants.
Certaines œuvres suggèrent de nouveaux usages. Thomas Tudoux détourne la bienséance éducative (Tiens-Toi Bien !) par des pictogrammes insérés dans un maison pour adolescents mais dans une logique chorégraphique et poétique. La Cité volatile de Laurent Duthion évoque un lotissement standardisé pour oiseaux, nichoir collectif suspendu dans l’arbre d’un accueil de loisirs, pour le plaisir des enfants. Concrete figures d’Hervé Beurel est une sculpture constituée de répliques de socles de 1% universitaires qui n’attendent que des présences humaines venant les activer. Dans un jardin d’insertion, La patate chaude de Nicolas Floc’h agit comme signal artistique mais abrite aussi en son sein les moments de pause des travailleurs et fait du lien.
Si, en accord avec Robert Filliou, « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », aucun doute que les créations des artistes pour les espaces publics n’y contribuent puissamment, venant artialiser nos quotidiens.
08.11.2023
Parcours proposé par Philippe Dorval, enseignant d’arts plastiques et développement culturel au Département Carrières sociales de l’Iut de Rennes. Ses publications portent sur l’art contemporain et sa réception.
L’art dans les espaces publics facilite l’accès aux œuvres par suppression de l’effet de seuil de tout lieu d’exposition. Faire cette expérience effective et sensible nécessite alors disponibilité des sens et de l’esprit, hors des espaces de monstration qui, justement, préparent la perception. En diversifiant et en augmentant les surfaces de contacts avec les pratiques artistiques, cela constitue une forme d’idéal démocratique. Changer d’échelle et de contexte ou déplacer les références sont autant de de voies largement explorées par des artistes. Dans des parcs urbains, des sculptures surdimensionnées décalent le quotidien et y amènent une critique grinçante et ambigüe de l’économie capitaliste érigée en […]
L’art dans les espaces publics facilite l’accès aux œuvres par suppression de l’effet de seuil de tout lieu d’exposition. Faire cette expérience effective et sensible nécessite alors disponibilité des sens et de l’esprit, hors des espaces de monstration qui, justement, préparent la perception. En diversifiant et en augmentant les surfaces de contacts avec les pratiques artistiques, cela constitue une forme d’idéal démocratique.
Changer d’échelle et de contexte ou déplacer les références sont autant de de voies largement explorées par des artistes. Dans des parcs urbains, des sculptures surdimensionnées décalent le quotidien et y amènent une critique grinçante et ambigüe de l’économie capitaliste érigée en totem (Delphine Lecamp ou Jacques Villeglé). Des tags urbains transposés en mosaïque Odorico deviennent motifs décoratifs pour les baigneurs d’une piscine (Nikolas Fouré). Get Up, idéal des graffeurs autant qu’invitation politique, est peint en lettres géantes sur le sol de places urbaines plutôt délaissées mais visible… surtout depuis les étages élevés et vient inverser les points de vue (David Renault & Mathieu Tremblin). A rebours de l’uniformité des halls d’immeubles, Jean-Francois Karst a accompagné des habitants pour concevoir collectivement et réaliser trois peintures géométriques singulières, redonnant caractère et intérêt à des espaces devenus depuis lieux habités et vivants.
Certaines œuvres suggèrent de nouveaux usages. Thomas Tudoux détourne la bienséance éducative (Tiens-Toi Bien !) par des pictogrammes insérés dans un maison pour adolescents mais dans une logique chorégraphique et poétique. La Cité volatile de Laurent Duthion évoque un lotissement standardisé pour oiseaux, nichoir collectif suspendu dans l’arbre d’un accueil de loisirs, pour le plaisir des enfants. Concrete figures d’Hervé Beurel est une sculpture constituée de répliques de socles de 1% universitaires qui n’attendent que des présences humaines venant les activer. Dans un jardin d’insertion, La patate chaude de Nicolas Floc’h agit comme signal artistique mais abrite aussi en son sein les moments de pause des travailleurs et fait du lien.
Si, en accord avec Robert Filliou, « l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », aucun doute que les créations des artistes pour les espaces publics n’y contribuent puissamment, venant artialiser nos quotidiens.