Tristan
Deplus

MÀJ . 10.06.2026

Ici on dit Villejean-Kennedy

2023
Avec l’association GRPAS, l’université Rennes 2 (ESO) et l’artiste Laurie Quétel

Tout débute par une observation : la Dalle Kennedy, dans le quartier de Villejean à Rennes, serait comme « l’arbre qui cache la fôret ». À la périphérie de la périphérie, bercé par les bruits des véhicules qui roulent tout au long de la rocade adjacente, on trouve le secteur Guyenne, repaire d’une multitude d’enfants et de jeunes habitant·es dont les pratiques d’occupation des espaces publiques sont aussi intensives que quotidiennes.

L’immersion, la disponibilité et la présence récurrente des pédagogues du Groupe Rennais de Pédagogie et d’Animation Sociale (GRPAS) dans le quartier permettent de développer au fil des mois des liens de confiance avec les enfants et leurs familles. Progressivement, et en parallèle d’activités pédagogiques qui mêlent explorations, découvertes et rencontres, les enfants s’habituent à la présence et à la prise en main de différents outils de captations (enregistreurs sonores, appareils photo, carnets d’observation). Une forme ludique d’initiation à l’enquête ethnologique, à leur hauteur et dans laquelles elles et ils sont pleinement acteur·ices, se met en place. Il s’agit d’enquêter autant dans le quartier que par-delà : pourquoi pas d’ailleurs avec une enquête de voisinage (en toute bienveillance) au sein du campus occupé de l’université voisine. Progressivement, du «soi» au «nous» des enfants, les questions sont désormais posées à un «vous» pluriel et adulte : « pourquoi vous habitez ici ? »

Toutes ces données collectées au fil des mois (les notes d’observation, les audios et les photographies) ont ensuite été agrégées, mises en commun, pour former un seul et même corpus afin de produire une cartographie sensible du quartier par ses jeunes habitant·es du « bout du bout ».

Pour sa réalisation, l’illustratrice et graphiste Laurie Quétel a suivi l’intégralité du projet dans une posture que l’on pourrait qualifier de «satellite», en prenant le parti d’explorer le territoire et ses paysages par le biais d’outils numériques. En parallèle, des images, vidéos et sons lui étaient transmis au fur et à mesure du travail de collecte. Par l’entretien de cette correspondance étalée sur plusieurs mois et un jeu d’allers-retours quotidiens, elle a pu s’imprégner puis se saisir des éléments issus du terrain afin d’opérer une suite de choix, comme co-autrice de la recherche. L’esthétique, loin des standards de la géographique académique et assu- mée comme telle, entre alors en dialogue avec les retours formulés autant par les chercheur·ses du projet que par les habitant·es du quartier. Afin de s’assurer de sa pertinence, la carte a été mise à l’épreuve dans le cadre de déambula- tions dans les rues, guidées par les enfants et permettant d’affiner par exemple les couleurs, les toponymies, ou les choix et places des éléments graphiques et textuels.

Enfin, les enfants et leurs familles sont venues défendre et célébrer l’aboutissement de leur travail durant un temps de restitution ouvert à tous·tes à l’université Rennes 2.

Consulter le projet via l’Atlas Social de Rennes :
- https://atlas-social-de-rennes.fr/index.php?id=1010
- https://atlas-social-de-rennes.fr/index.php?id=1289

Le quartier Villejean Kennedy vu par les enfants de Guyenne, carte sensible, impression jet d’encre sur traceur, format A0 (50ex.)