Quentin
Montagne

MÀJ . 15.09.2022

Le Désastre de Malévitch

2015-2019

Le Désastre de Malévitch (cinquième état), 2016
Bois, ciment, sable, aquarium, néons, système électrique, filtre, chauffage, 156 x 80 x 35 cm
Vue d’atelier

Population : Corydoras paleatus, Ancistrus temincki, Poecilia wingei, Xiphophorus hellerii, Chromobotia macracanthus, Hemigrammus bleheri, Hemigrammus erythrozonus, Paracheirodon innesi, Planorbella duryi
Plantations : Hygrophila corymbosa, Microsorum Windelov, Microsorum pteropus, Cryptocoryne wendtii, Cladophora aegagropila, Sagittaria eatonii, Anubias barteri Nana, Anubias barteri, Pistia stratiotes

Fruit de recherches sur la ruine et l’échec des grandes utopies modernes, Le Désastre de Malévitch est un aquarium. Dans une cuve montée sur socle, des figures en béton sont envahies par une végétation aquatique peuplée de poissons et autres animaux. Ces modèles géométrisants reproduisent dans l’eau plusieurs projets tardifs de l’avant-garde russe. L’architectone Zeta (1923-1927) trône parmi les débris de divers Ornements Suprématistes (1878-1935), pièces majeures et pourtant énigmatiques de Kasimir Malévitch. Entre sculpture pure et architecture, ces projets modernistes participent autant du rêve que de la destruction. Longtemps perdus, éparpillés et mal conservés, ce n’est que récemment qu’ils ont été redécouverts. Désormais exposés sous vitrine, ces vestiges du XXe siècle portent les traces de leur longue restauration par Poul Pedersen. Des rajouts contemporains complètent parfois les morceaux originaux, jaunis et abîmés. Emblématiques du destin tragique de leur auteur, ces pièces historiques témoignent des bouleversements de l’époque, lorsqu’aux ambitions révolutionnaires succède le pouvoir stalinien.

Les formes élémentaires des architectones rappellent les constructions archaïques et massives des premières civilisations. Par sa structure pyramidale, Zeta évoque des réalisations cyclopéennes, depuis la structure sous-marine de Yonaguni au Japon, découverte en 1985, jusqu’aux ziggourats du Moyen-Orient ou les temples d’Amérique Centrale. Englouti, le projet moderne d’une cité idéale devient une nouvelle Atlantide. La scène est nue, rocailleuse, avant d’accueillir la végétation. L’aquarium est une sculpture évolutive. Son aspect varie avec le temps. Les maquettes ne sont pas ruinées avant immersion. Les fragilités inhérentes au tirage en béton disparaissent sous l’action de l’eau quand les surfaces sont recouvertes de mousses et de micro-algues. La faune et la flore connaissent également des transformations successives. L’aquarium conserve un écosystème vivant et dynamique. Certains végétaux à croissance rapide en recouvrent ainsi d’autres pour prendre leur place, les animaux détritivores se nourrissent du dépôt du sol alors que les prédateurs régulent le nombre des alevins et des mollusques.

Le Désastre de Malévitch (quatrième état), 2015-2016
Vue d’atelier

Population : Ancistrus temincki, Poecilia wingei, Hemigrammus bleheri, Hemigrammus erythrozonus, Chromobotia macracanthus, Paracheirodon innesi, Physa marmorata
Plantations : Egerie densa, mousse de Java, Cambomba furcata, Ceratopteris cornuta, Ceratophyllum demersum, Hygrophila corymbosa, Microsorum Windelov, Microsorum pteropus, Vallisneria spiralis, Anubias barteri Nana, Anubias barteri

Le Désastre de Malévitch (troisième état), 2015-2016
Vue d’atelier

Population : Corydoras paleatus, Epalzeorhynchos samensis, Ancistrus temincki, Otocinclus affinis, Acantopsis choirorhynchos, Procambarus fallax forma virginalis, Physa marmorata
Plantations : Egerie densa, mousse de Java, Cambomba furcata, Ceratopteris cornuta, Ceratophyllum demersum, Hygrophila corymbosa, Microsorum Windelov, Microsorum pteropus

Le Désastre de Malévitch (second état), 2015

Plantations : mousse de Java, Microsorum Windelov, Microsorum pteropus

Le Désastre de Malévitch (premier état), 2015

Ruines, 2015. Suite de huit de dessins, encre de Chine sur papier calque, 48 x 48 cm chaque. Negabombekree #1, #2 et #3, 2011. Graphite et peinture sur papier kraft, 100 x 49 cm.
Vue d’atelier

Photo : Quentin Montagne