Nikolas
Fouré

04.08.2022

Cartographie du ciel

2021
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Le ciel est bien souvent le point de vue choisi pour cartographier notre monde, terrestre et océanique. Pourtant comme les oiseaux, nous sommes bipèdes et aériens. Bien que nous reposions sur le sol, nous habitons le ciel, l’atmosphère est notre milieu. Par rapport à l’horizontalité de nos territoires et leurs représentations cartographiques, le ciel nous paraît toujours vierge, au-dessus et étendu, une immensité inatteignable et commune. Il est pourtant tout à fait construit, mesuré, conquis et traversé.

Des éléments graphiques rappelant la représentation cartographique et des multitudes de petits points construisent ces dessins. On peut y voir le geste du tatoueur, mais ces multiples points renvoient avant tout aux différents procédés de reproduction des images, qu’ils soient mécanique (avec l’offset et la sérigraphie) ou numérique (capteurs, logiciels et impression jet d’encre). Ils renvoient aussi à la constitution de l’air, à ses atomes, poussières, corpuscules et planctons aériens qui nous sont en grande partie invisibles et que seuls, par association à des micro-goutellettes d’eau, les nuages nous font voir.

Aussi ces lignes éphémères de fumée blanche que dessine la trajectoire des avions, quelques secondes de contemplation pour nous rappeler que, malgré leurs effacements répétés, ces trainées ne sont pas sans conséquence : se diluant dans l’océan du ciel, elles cartographient par intermittence, notre manque d’air et d’avenir.