Invisible - Parc National des calanques, 2018-2020
La série photographique « Paysages productifs » amorcée en 2015 fait suite à la série « Structures productives » (2010). Elle regroupe un ensemble de projets sur la représentation des paysages et habitats sous-marins et leur rôle en tant qu’écosystèmes productifs. Indicateurs essentiels des grands enjeux de société, la couleur de l’océan et l’état des paysages permettent de visualiser des phénomènes tels que la modification et l’habitabilité des milieux, ils évoquent aussi la régulation et la transformation du climat, la dégradation et la préservation de la biodiversité et de fait, une approche globale de la biosphère. Nicolas Floc’h s’est donné pour mission d’établir une typologie photographique des paysages sous-marins français, à partir de l’exploration des différentes façades maritimes, et de les mettre en perspective face au changement climatique et aux pressions anthropiques figurant par là même l’évolution de leur productivité et permettant la constitution d’un fonds photographique de référence. « Initium Maris » (2018-2021) permet d’approcher les paysages sous-marins et leurs transformations à l’Ouest entre Saint-Malo et Saint-Nazaire ainsi qu’au Japon. « La couleur de l’eau » (2016-2021) nous immerge dans l’océan, l’histoire de l’art et le vivant depuis la côte nord vers plusieurs océans. Au Sud, « Invisible » (2018-2020) nous plonge dans un environnement périurbain en Méditerranée.
« Invisible » est pensé par Nicolas Floc’h pour le programme de résidence « Calanques, territoire de sciences, source d’inspiration » lancé en 2018 par le parc national des Calanques, la Fondation Camargo et l’Observatoire des sciences de l’univers-Institut Pythéas (Aix-Marseille Université, CNRS, IRD), qui proposait à des artistes de réfléchir sur les liens Homme/Nature. En 2019, les trois structures partenaires reçoivent le soutien du ministère de la Culture dans le cadre d’une commande publique à l’artiste pour son projet « Invisible ». Avec « Invisible », projet photographique, plastique et de recherche sur les paysages sous-marins des calanques, Nicolas Floc’h propose de fixer par l’image un état des paysages sous-marins à un instant donné, entre 2018 et 2020, en suivant l’ensemble des traits de côte dans le parc national des Calanques, soit 162 kilomètres. Les images prises entre 0 et -30 m, en lumière naturelle et au grand angle, permettent une approche panoramique des paysages naturels ou anthropiques et de leurs transformations. Les photographies, pour la plupart en noir et blanc, montrent la mer telle qu’elle s’offre au regard. Le parc national des Calanques, seul parc urbain d’Europe, peut être considéré comme une zone préfigurant une possible évolution de la mer Méditerranée, elle-même périurbaine et révélatrice de phénomènes plus globaux. La commande et l’exposition sont présentées au public fin 2020 à l’occasion de Manifesta 13. Le projet et la commande comprennent un ensemble de photographies originales placées dans des lieux publics, une publication (Roma Publications), la remise d’un fonds photographique pour la recherche scientifique à l’Institut méditerranéen d’océanologie (OSU-Institut Pythéas, Aix-Marseille Université, CNRS, IRD) ainsi qu’une exposition personnelle de Nicolas Floc’h intitulée « Paysages productifs » au Frac Provence-Alpes-Côte d’Azur fin 2020.