Lettre à Jeanne
Lettre à Jeanne, c’est le titre de mon exposition.
Une vue sur un jardin et le ciel.
Cette Jeanne, c’est la femme aimée des chansons de George le Sétois.
Il fallait que je commence la résidence par un hommage au poete, dont j’ai écouté la voix au Musée en gravissant le Mont St Clair sous la chaleur brulante.
Les personnages de mes peintures fusionnent avec les traits d’ actrices. Qu’importe leurs noms, j’aime leurs visages, et la douceur dans leurs yeux qui doutent.
Des gens ont vécus ici. Ils ont aimé, peints et pleuré.
Tous ce qui est devant vous est arrivé. C’est la réalité d’un monde intérieur qui tente de capturer la sérénité dans la mélancolie profonde.
Les plages m’enchantent et éclaboussent mes images d’un vent de paradis.
Je cherche la part sacrés du langage, parce qu’il n’y rien a de plus beau que la féérie du verbe, celui qui vous emerveille, qui éclaire le mystère.
Je cherche à convoquer la magie pour comprendre l’amour.
J’invente des stratagèmes à double fond dans les petites chansons, les petits formats.
Ici à Sète, j’ai peint la vie.
J’ai peint les dormantes, j’ai peint ce que j’ai connu de vous, le bois du coeur et la solitude des rêves.
En arpentant les plages parées de nacre dans mes virées nocturnes, je me suis demandée ;
Mais d’où proviennent tous ses éclats ? Ne serait-ce pas des bouts d’étoiles désillusionnés accidentés sur la terre ?
La magie se tiendrait-elle dans le mirroir de la beauté brisée ? Derrière ces mots, une barque à voile entre au pays du désir, et au firmament le soleil est sur son trône.
Et puis je pense à Satie.
Faudrait-il être comme lui, gorgé d’humour et de desespoir.
Ne pas chercher les grandes symphonies, ni les grandes sonates pour tenter de saisir quelque chose de beau.
Chère Ponette, 2025
Triptyque de gouache sur papier, 21x29,7 cm
Ce que j’ai connu de vous, 2025
Triptyque de gouache sur papier 21x29,7 cm