Œuvres dans
l’espace public

Francesco
Finizio

Project Telstar

1% artistique, 2009

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Recherches
Première image : le monolithe
La première idée qui m’est venue en voyant la Carène était d’ordre monolithique, en allusion à l’opus de Stanley Kubrick, 2001 Odyssée de l’espace : une stèle noire massive entourée d’os.
L’objet me semblait incarner cette idée de sonorité visuelle de manière assez juste. Cependant, la forme lapidaire me semblait trop statique. Je commençais alors à fréquenter le lieu, ses studios, à mieux saisir les espaces et leur fonctionnement et à saisir les attentes et les désirs des utilisateurs du lieu.

Un axe de recherche : une oeuvre en phase avec la dynamique du lieu
Le lieu est fréquenté par des publics plutôt variés en fonction de la programmation. Il y a aussi les musiciens, amateurs et professionnels qui pratiquent principalement les studios d’enregistrement et de répétition.
On assiste à un va-et-vient de looks et d’attitudes différentes, de matériel (instruments divers et variés, amplificateurs…), des gens patientent en attendant que leur studio se libère, en feuilletant les revues, consultant l’internet…
Mon attention s’est donc assez vite concentrée sur la recherche d’une forme qui permettrait de relier ces différents usagers en les impliquant d’une manière ou d’une autre, sans tomber dans la gratification immédiate de l’interactivité.
L’enjeu se résumait donc, d’une certaine manière, à mettre au point une forme capable d’entrer en résonance avec le lieux en cristallisant les diverses relations à la musique : l’écoute, la pratique, l’étude de son histoire et son contexte d’apparition et les anecdotes qui font son histoire.
Une forme qui possède un pouvoir d’évocation initial et immédiat qui pourrait aussi acquérir d’autres sens et d’autres significations à travers son usage et la manière dont ses utilisateurs l’investissent.
Mes recherches se sont donc portées sur des formes associant une dimension acoustique au monolithe, il est souvent, à la Carène, question de rock -‘musique de pierre’ pour un membre de l’académie française. J’arpentais le coin, je surfais sur le net, allant des Blockhaus tout près aux miroirs acoustiques en béton qui ponctuent les côtes britanniques, avec des haltes virtuelles devant CBGB’s, des images de garages si indispensables au Garage Bands, accompagné comme il faut, par mes listes de lectures dans I-Tunes. J’avais désormais gravité vers les antennes, les radios, les émetteurs et les récepteurs quand je me suis mis à écouter la version démo de Telstar écrite par Joe Meek.
Cela me renvoya immédiatement aux satellites, à une visite passée au Radome à Pleumeur-Bodou et à cette belle histoire de la première liaison télévisuelle entre la France et les États-Unis en 1962 par le satellite Telstar, ainsi qu’à la pochette du 45 tours français de Telstar que je venais d’acheter au vide-grenier de Plouzané.
Et puis, 1962, c’est aussi l’année de la naissance de la scène musicale Brestoise avec l’apparition des Loups Noirs (voir le livre d’Olivier Dolard, 40 ans de rock à Brest).