Sharon
Kivland

MÀJ . 15.09.2022

Le bonheur des femmes

Portfolio, Edimbourg, 2000

Le bonheur des femmes_, 2000
Vue de l’exposition._

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Le bonheur des femmes, 2000
24 photographies avec textes, c-prints montés sur aluminium, 105 x 75 cm.

Le bonheur des femmes (le parfum d’une femme), se compose de photographies accrochées à hauteur des organes génitaux. Ce sont des pieds de femmes, prises dans les rayons de parfumerie des grands magasins parisiens. Des textes présentés à hauteur d’œil - tels que «envie», «obsession», «allure» et ainsi de suite, peuvent être identifiés à des noms de parfums.

Bien que le travail fait allusion au Paris du dix-neuvième siècle, le consumérisme et l’expérience urbaine, il commence réellement par une rencontre entre Freud et Marx autour du fétiche. Alors que Marx emprunte le terme pour démontrer comment les relations sociales prennent la forme illusoire de relations entre les choses, Freud l’applique au comportement sexuel, lorsque l’excitation dépend de la présence d’un objet. Tout ceci est connu, mais que se passe-t’il si l’objet disparaît, tel un léger souffle d’air parfumé? Ou si, en plus, il disparaît dans les mots, transformant peut-être un coup d’éclat sur le nez en un coup d’œil sur le nez (reniflant tout le temps) ? Alors cela indique que le fétichisme, plus qu’une vague analogie dans le champ visuel, est quelque chose assujeti à la transformation linguistique. On peut dire que les mots eux-mêmes sont parfumés… S. K.