Félicia
Atkinson

04.07.2018

Spoken Word (Une chanson parlée)

Vue de l’exposition à la Criée Centre d’art contemporain, Rennes
Photo : Benoît Mauras © La Criée Centre d’art contemporain, Rennes

Patience Exchange, 2017
Echarpe tricotée à la main par l’artiste, prêtée à un(e) médiateur(trice) pendant ses heures de travail (sur la table)
Production des oeuvres : La Criée centre d’art contemporain 
Ici, 2017
Plâtre, bois, peinture, 180 x 100 x 480 cm environ
Nos émotions, 2017
Peintures murales dimensions variables 
Les cartes sans mémoires 1, 2, 3, 4, 5, 2017
Ompression numérique sur aluminium brossé, diamètre 50 cm 
Un désert, 2017
Pièce sonore, 17 min composée et enregistrée à Rennes, France, au studio EMS
Stockholm, Suède et à Santa Fe, Nouveau Mexique produit avec le soutien de Elektronmusikstudion, Stockholm
Là-bas, 2017
Etagère en métal peint, plexiglas, 300 x 230 x 260 cm environ
Eléments en argile, tissus, bois 
I’m Following You (Je te suis), 2017
Tissu peint à la craie à l’huile, 170 x 400 cm 
L’Oisive (Peter Shire Cover), 2017
Bois peint, 100 x 100 x 67 cm éléments en argile, tissus, cailloux, bois, feutre 
Ami(e), 2017
Plâtre, bois, métal, soie et coton, laine, feutre, 285 x 106 x 470 cm environ
Audio Book, 2017
Pièce sonore, 7 heures enregistrée en Arizona, Californie, Nevada, Nouveau Mexique et au studio EMS, Stockholm mixée au Luscious Green Studio produit avec le soutien de l’Institut français et de la région Bretagne 
Secrets, 2017
Film muet, numérique, couleur, 7 heures
Tourné en Arizona, Californie, Nouveau Mexique et Nevada produit avec le soutien de l’Institut français (aide à mobilité) et de la région Bretagne 
Extrait de la vidéo.
Vues de la performance OMEGA avec la danseuse et chorégraphe Elise Ladoué, le 20 mai 2017 pour la Nuit européenne des musées.

Intro (digression sur un accord psycho‑acoustique) :
Mon oncle est astronome.
J’ai toujours trouvé cela fabuleux d’avoir un oncle astronome, d’être astronome.

Je me souviens de cette fois où il m’a raconté qu’une grande partie de son activité consistait à rester derrière son écran d’ordinateur à observer les naines noires, qui sont des étoiles – ou des planètes je ne sais plus – que l’on ne voit pas.

– « Mais que regardes-tu alors, lui avais-je demandé ?


– Je regarde des courbes, qui, lorsqu’elles se déforment, indiquent la présence de masses, donc de corps célestes. »


Depuis ce jour, j’ai la conviction que mon oncle et ses collègues sont parmi les observateurs les plus assidus de l’abstraction.


1er couplet (l’héroïne)
C’est une femme, elle a 35 ans
Elle est artiste
Elle est musicienne
Elle est éditrice aussi
C’est Félicia Atkinson
Pour La Criée, elle a imaginé Spoken Word

Refrain
C’est une exposition
C’est un paysage où l’on n’arrive jamais
C’est une pièce sonore-île déserte
               dans laquelle on peut se promener
C’est un film muet qui cache
                   une musique inouïe
C’est une série de sculptures activables
                                  sans objet
C’est un jeu à deux sans règles
C’est une frise de miroirs aux reflets déformés

2e couplet (celui de la salle blanche)
Il y a trois grandes sculptures
On peut s’y appuyer, on peut passer
                                     au‑dessous
Elles sont des rochers        des arbres
       des instruments         des cactus
                    des totems   des meubles
         Il y a le désert (rouge)
Il y a aussi une dizaine de sculptures
qui tiennent dans la main
Et avec lesquelles on pourra jouer à deux,
assis à une table
On peut saisir l’art, le toucher, le caresser
                    Il y a le désert (rocheux)
Il y encore des cartes sans mémoire, qui sont
de grandes impressions numériques
sur aluminium, accrochées au mur
Ce sont des collages de mots et de formes
simples, des amorces d’histoires, des indices
On peut presque s’y voir
Et puis il y a des formes colorées
                     qui poussent sur les murs

Refrain
C’est une exposition
C’est un paysage où l’on n’arrive jamais
C’est une pièce sonore-île déserte
                     dans laquelle on peut se promener
C’est un film muet qui cache
                     une musique inouïe
C’est une série de sculptures activables
                                 sans objet
C’est un jeu à deux sans règles
C’est une frise de miroirs aux reflets déformés

3e couplet (celui de l’espace entier)
Il y a une bande sonore
qui, chaque jour, dure aussi longtemps
que l’exposition est ouverte
                  (le temps du voyage et du rêve)
                             Il y a le désert (Sonoran)
Cette bande est parfois électronique
                        (un synthétiseur modulaire)
Parfois c’est le son du désert californien
Parfois c’est celui des îles sauvages bretonnes
Parfois ce sont des samples d’audio books
C’est une bande sonore qui chante
               un récit, éparpillé, sans début
                                     ni fin ni milieu ni intrigue
Il y a le désert (miraculeux)

Refrain
C’est une exposition
C’est un paysage où l’on n’arrive jamais

4e couplet (celui de la salle noire)
Il y a un film muet (derrière un rideau lourd
                     souple de couleurs fondues)
Il y a les cactus géants du désert de Saguaro
Ils sont des totems des sculptures
     des humains des arbres des instruments
                    Il y a le désert (écoutez-le)
Félicia joue pour les cactus
Félicia fait des gestes lents pour les cactus,
                          des gestes de sculpteure
Félicia danse pour les cactus
            Il y a le désert (regardez-le)
Il y a la beauté des gestes
La beauté est une décision et un désir
inexplicable

Refrain
C’est une exposition
C’est un paysage où l’on n’arrive jamais

5e couplet (les Rayons verts)
D’autres oeuvres naissent de l’exposition
Le 10 mai, Félicia invite la poète et artiste
Hanne Lippard pour qu’elle parle
parmi les oeuvres
Les litanies               les mélodies
     Le timbre              la tessiture
La voix est un instrument
L’invention du disuel
Le 20 mai, elle invite la danseuse Élise Ladoué
pour qu’elle danse lentement parmi l’exposition
Elle l’accompagne de ses sons,
Presque un concert
Il y a encore un livre qu’elle a publié chez
Shelter Press, sa maison d’édition,
qui s’appelle Audio Book,
qui est à la fois le croquis de l’exposition,
                     ses sources et son prolongement

Sophie Kaplan, janvier 2017, communiqué de presse de l’exposition.

Documentation vidéo réalisée dans l’exposition.
Entretien sonore réalisé par Canal B.
Réalisation : Margaux Germain pour Documents d’Artistes Bretagne.