Damien
Marchal

MÀJ . 31.10.2013

À vol d'oiseau par le sol

À vol d’oiseau par le sol, 2008-2011, est un projet de Damien Marchal réalisé dans le cadre de SE RENDRE / 9 chemins pour rejoindre Tizé, suite à une invitation de l’atelier Lieuxcommuns par l’association Au bout du plongeoir, Rennes.
Afin de “baliser” des cheminements pour rejoindre le Domaine de Tizé, Jocelyn Cottencin(Lieuxcommuns) a invité 9 artistes. Depuis le lieu de départ, l’idée était de prendre le temps de cheminer, à pied, en canoë, en rêve vers le lieu d’arrivée.

Ballade
Forêt de Rennes (lieu dit « mi-forêt ») manoir de Tizé
Niveau de difficulté : élevé. GPS obligatoire (cf. infos pratiques)
Durée : environ 4h30 à pied
Distance : 8,6 km

Itinéraire :
Départ du centre équestre de « mi-forêt »
Exécuter une ligne droite imaginaire entre le point de départ et celui d’arrivée.
Tout le parcours se fait sans itinéraire intermédiaire, mais avec un point de passage.

  • A l’aide du GPS vous vous dirigerez sud sud-ouest sans suivre aucun sentier.
  • En marchant dans cette direction durant environ 3 heures, vous devriez arriver devant 2 éléments au choix. Soit la rocade est, si vous avez légèrement dévié à l’ouest, soit la Vilaine, si vous avez dévié au sud.
  • Le point de passage se fait au croisement de la voie rapide et de la rivière, sous le pont de la 4 voies.
  • Reprendre la direction sud sud-ouest en franchisant les différents bras successifs de la Vilaine.
  • Arrivée au manoir de Tizé.

Infos pratiques :

  • Les magasins « Decathlon » proposent d’emprunter gratuitement un GPS de randonnée afin de le tester, en échange d’un chèque de caution de sa valeur. Le vendeur vous présente différents modèles. Prenez un article qui permette de bien recevoir les informations sous une forêt épaisse. Demandez-lui également comment référencer des coordonnées (ceux du manoir de Tizé). Vous avez la possibilité de l’emprunter sur trois jours, ce qui vous laisse le temps de vous familiariser avec le produit, avant de partir marcher. Pensez à prendre des piles pour le GPS.
  • Coordonnées du manoir de Tizé :

    48°07’45” NORD
    01°35’22” OUEST

/

Marcheurs :

Damien Marchal : Artiste
Bastien Delforge : Urbaniste
Jean-Benoît Lallemant : Artiste

Récit de voyage du XXIè siècle :

« Nos repères de citadins nous obligèrent à suivre le sentier dans une direction qui semblait coïncider avec celle que nous proposait notre pisteur à Géo-Positionnement par Satellite. Très vite, plus rien ne coïncida. Le premier fossé enjambé, le prologue de ce périple prit fin et l’expédition débuta. Nous n’avions pas encore parcouru cinquante mètres que la première halte nous fut imposée par un épais manteau de ronces et d’ajoncs. Nous nous équipâmes de bâtons afin de pénétrer cette truculente et déchirante masse végétale. Jean-Benoît, qui ouvrait la marche, écarta à l’aide de son gourdin les buissons épineux et hostiles qui protégeaient ce territoire. Le premier kilomètre, de par ses embûches, ralenti le rythme que j’avais envisagé. Bastien, en bon urbaniste analysait sans cesse la carte afin d’en étudier la géographie. La ligne droite imposée par notre guide rendit cette analyse vaine. […] La végétation se trouva tellement dense que nous progressions sans avancer, et ce durant cinq cent mètres […] La clôture électrifiée nous fit tressaillir à son contact […] ces vaches qui se trouvaient face à nous furent les premiers êtres vivants que nous croisâmes en trois heures de marche. […] la ferme était habitée ! L’aboiement des chiens le prouva, pourtant nous ne vîmes personne. […] La nuit tombée, notre pisteur nous informa d’une arrivée proche, quand nous nous retrouvâmes devant le dernier obstacle. Un bras de la Vilaine nous bloqua le passage, derrière nous le parcours de golfe, devant nous les pilasses du pont détruit reliant ce terrain au manoir. A l’aide de notre torche, nous repérâmes un gué au pied des pilasses. Jean-Benoît en tant qu’éclaireur descendit la berge afin de tester le passage. Puis, ce fut au tour de Bastien à qui j’emboîtais le pas. Nous traversâmes ainsi, les pieds dans l’eau, le dernier rempart de cette marche ».

Ils ne savaient pas où ils étaient,
ils ne savaient pas où ils allaient,
et pourtant ils discutaient inlassablement de l’itinéraire.

Les Contes de Canterbury de Geoffrey Chaucer au XIVe siècle

/

Se rendre, 2011
500 ex., offset bichromie + inserts quadrichomie, reliure wiero, 228 pages, 12 x 15 cm
Photo : DR
Co-édition Apogée & Lieuxcommuns, Production Au bout du plongeoir avec : Marcel Dinahet, Les Frères Ripoulain, Cécile Gardoin & Alexandre Favé, Damien Marchal, Charles Mazé, Alain Michard, Julie Morel, Mathieu Renard

Le livre Se rendre est le fruit d’une invitation faite à Jocelyn Cottencin de “baliser” un cheminement pour rejoindre progressivement, lentement, le Domaine de Tizé - situé à Thorigné-Fouillard au cœur de la métropole rennaise - site d’implantation de l’association Au bout du plongeoir.
Jocelyn Cottencin a choisi non pas un mais plusieurs chemins, comme autant de possibilités d’ “aller vers…” et d’en rendre compte sous la forme d’un livre. Chacun d’eux a été “affecté” à un(e) artiste. Il en découle une expérience, une proposition, une histoire singulières pour chaque promenade réalisée. Un livre. L’édition est par essence un objet nomade, un objet de déplacement autant physique qu’intellectuel. C’est aussi un objet plastique et visuel.