Alain
Le Quernec

Affiches pour le parti socialiste

Bretagne ta conserve fout le camp, 1980

Bernard Poignant: La surgélation, la congélation, la délocalisation ont porté un coup sévère à la conserverie traditionnelle de Bretagne, essentiellemnt située sur la côte sud. Des usines ferment, des emplois sont détruits, un savoir-faire disparaît, une histoire et une culture du travail se meurent, des solidarités sociales se fracturent. Le parti socialiste a voulu relayer ce drame industriel, sans pouvoir l’enrayer. Le graphisme proposé par Alain a frappé les esprits. Il a surtout bien résumé ce que chacun ressentait. La boîte de sardines à l’huile, transpercée, presque crucifiée, l’huile s’échappant comme le sang des veines. la mort au bout du chemin. La conserve n’a pas disparu de la Bretagne sud. Elle a même trouvé des “niches” en termes de marché. Mais on ne voit plus les bataillons d’ouvriers et d’ouvrières dans nos ports de pêche.

Visitez Plogoff, 1980

ALQ: Sacré Giscard…Une centrale à la pointe du Raz! Moi, à ta place, j’aurais pris le Mont-Saint-Michel… C’était encore plus con mais à peine… On pouvait se poser la question de la nécessité de l’industrie nucléaire et y réfléchir à voix haute mais ce n’était guère facile dans un contexte de propagande et de désinformation. Sans être un opposant systématique j’avais déjà réalisé des affiches sur la réalité du risque nucléaire (pages précédentes). Mais décider de construire une centrale à la Pointe du Raz, l’un des sites bretons les plus visités, relevait du délire absolu.
L’affiche éditée pour l’été 80 avait pour but de sensibiliser les miliers de touristes venus visiter ce site protégé.

Décidons chez nous, 1981

Giscard. 7 ans de malheurs…, 1981

ALQ: Giscard avait déçu. C’était une opportunité pour que la gauche l’emporte. Tout naturellement BP m’a demandé une affiche. Elle fut imprimée à des miliers d’exemplaires pour le Finistère et les quelques autres départements qui avaient bravé l’oukaze parisien du PS national interdisant d’utiliser cette Affiche…Ah! Le centralisme…
S’attaquer ainsi à un portrait est un geste sympbolique fort. Je l’ai fait pour justifier le paralèlle du miroir brisé et du septennat.
Ce qui était perçu était avant tout l’image brisée et je me suis demandé si l’attaque n’était pas un peu forte… À voir l’académicien qu’il est devenu, je me suis dis qu’il le valait bien.

Attention, au début Hitler faisait rire, 1987

Auschwitz / Omarska, 1993

Chirac. Je crois que je fais une bêtise…, 1997

B.P: Il fallait être audacieux mais l’opération fut réussie. Nous sommes en 1997. La dissolution de l’Assemblée nationale est évoquée partout. La majorité des députés est, aux yeux de Jacques Chirac, trop balladurienne. Il faut préparer la France à l’entrée dans l’euro en 1999. Le nouveau président veut un parlement à sa main. Il décide donc de renvoyer les députés devant leurs électeurs. Mais l’explication n’est pas claire. La dissolution paraît plus de convenance que d’intérêt national. On le pressent plusieurs jours à l’avance. Echangeant avec Alain, on partage la même analyse; Chirac va faire une “connerie” et il la paiera cher. Tout est préparé. C’est ainsi que les murs de Quimper, annoncant cette “bétise”, furent couverts le soir même de sa déclaration à la télévision. Nous étions le 23 avril 1997. Je fis une campagne enthousiaste et obtins un résultat médiocre. La “bétise” ne m’a pas profité mais la gauche avait gagné.

L’Ego de Sarko, 2002